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A ma mort, je ne laisserai que des vieilleries. Si j’allais chez moi le jour de la vente de ma succession, j’achèterais tout ! Ce qui n’est bien sûr guère surprenant puisque c’est moi qui l’aurais acquis à l’origine. Reste que j’aurais mis la main sur l’ensemble même si je n’en avais pas été le propriétaire. Et je ne suis pas le seul de mon espèce. Il y en a qui entrent chez moi et sont fascinés par mon bric-à-brac, qui convoitent mes vieilleries. Ceux-là sont des chineurs. Quand des gens qui n‘en sont pas viennent chez moi, ils se gaussent. Ou prétendent que ma maison est sinistre parce que tout ce qu’elle contient a appartenu à des personnes aujourd’hui décédées. Je leur rétorque : « Pas toutes. Il y en a en maison de retraite. »                   

Michael Zadoorian  (La boutique de la seconde chance)